Octant
Patrimoine
Patrimoine

Combien coûte un conseiller en gestion de patrimoine ?

8 min de lecture

C'est une question légitime, et pourtant elle reste souvent sans réponse claire. Beaucoup d'épargnants sortent d'un premier rendez-vous avec un conseiller sans savoir exactement comment celui-ci se rémunère, ni ce que va leur coûter, année après année, le placement qu'on leur propose. Or le coût du conseil et le coût des produits sont deux choses distinctes, et l'un comme l'autre pèsent directement sur votre rendement final. Cet article détaille les différents modèles de rémunération, ce que vous payez réellement, et comment lire une facture de gestion de patrimoine sans mauvaise surprise.

Trois façons de rémunérer un conseiller

Un conseiller en gestion de patrimoine peut être payé de trois manières, qui se combinent souvent.

La première, ce sont les honoraires. Vous réglez directement votre conseiller pour sa prestation, comme vous le feriez pour un expert-comptable ou un avocat. Ces honoraires prennent en pratique trois formes : un forfait pour une mission délimitée (un bilan patrimonial, une étude de transmission), un taux horaire, ou un pourcentage des encours conseillés. L'avantage est la transparence : vous savez ce que vous payez, et à quoi cela correspond.

La deuxième, ce sont les rétrocessions, parfois appelées rétrocommissions. Lorsque vous souscrivez un contrat d'assurance-vie ou un fonds via votre conseiller, une partie des frais prélevés par le producteur (l'assureur, la société de gestion) lui est reversée. Elles se logent principalement dans les droits d'entrée et dans une fraction des frais de gestion annuels. Vous ne recevez pas de facture séparée : la rémunération est intégrée aux frais du produit.

La troisième, c'est un modèle mixte, qui associe une part d'honoraires à une part de rétrocessions. C'est aujourd'hui la configuration la plus répandue en France.

Ces chiffres le confirment. En 2024, chez les conseillers en investissements financiers spécialisés en gestion de patrimoine, les rétrocessions de droits d'entrée et de sortie représentaient encore 60 % des revenus, les rétrocessions de frais de gestion 28 %, et les honoraires facturés directement au client seulement 12 % [1]. La tendance va vers un rééquilibrage (la part des droits d'entrée reculait de 71 % à 60 % en un an), mais le modèle reste largement adossé aux commissions sur produits [1].

Indépendant ou non indépendant : ce que dit la réglementation

Depuis 2018, votre conseiller doit vous indiquer, avant de vous conseiller, s'il fournit un conseil indépendant ou non indépendant [2][3]. La distinction n'est pas cosmétique : elle détermine sa façon de se rémunérer.

Un conseil dit indépendant impose deux conditions. D'une part, le conseiller doit évaluer un éventail suffisant et diversifié de placements issus de différents fournisseurs, sans lien juridique avec eux. D'autre part, il ne peut pas conserver de rémunération versée par l'établissement qui gère le produit : s'il perçoit une rétrocession, il doit vous la reverser. Un conseiller indépendant se rémunère donc uniquement par les honoraires qu'il vous facture [2][3].

Un conseil non indépendant, à l'inverse, autorise le conseiller à être rémunéré par le producteur du placement, sous forme de rétrocessions. En contrepartie, il doit améliorer la qualité de sa prestation, par exemple en assurant un suivi régulier de l'adéquation de votre investissement dans le temps [3].

Dans les faits, le conseil non indépendant domine très largement le marché français : en 2024, 81 % des conseillers en investissements financiers exerçaient sous ce statut, 7 % se déclaraient exclusivement indépendants, et 12 % combinaient les deux approches [1]. Ni l'un ni l'autre n'est intrinsèquement supérieur. Ce qui compte, c'est que le mode de rémunération vous soit clairement expliqué, et que vos intérêts passent avant ceux du distributeur.

Un métier à plusieurs casquettes

Un point mérite d'être précisé, car il éclaire la question du coût. La plupart des professionnels que vous rencontrez ne sont pas seulement conseillers en investissements financiers. En 2024, 92 % d'entre eux étaient aussi immatriculés comme intermédiaires en assurance, 62 % comme intermédiaires en opérations de banque, et 62 % détenaient une carte de transaction immobilière. Seuls 6 % exerçaient uniquement sous le statut de conseiller en investissements financiers [1].

Cette pluralité de statuts explique pourquoi un cabinet peut vous accompagner sur l'assurance-vie, le crédit immobilier ou la transmission dans un même rendez-vous. Mais elle multiplie aussi les sources de rémunération possibles : honoraires de conseil, rétrocessions sur un contrat d'assurance-vie, commission sur un prêt. D'où l'importance de demander, pour chaque recommandation, comment votre conseiller est payé.

Les frais que vous payez vraiment

Le coût du conseil n'est que la partie visible. Les frais des produits, eux, courent chaque année et pèsent sur la performance. Sur un contrat d'assurance-vie en unités de compte, vous supportez en réalité plusieurs couches.

Les droits d'entrée (ou frais sur versement) sont prélevés à chaque versement. Ils peuvent atteindre plusieurs pourcents chez certains distributeurs, ou être ramenés à zéro chez d'autres. Ils constituent une part importante de la rémunération du distributeur [1].

Les frais de gestion du contrat sont prélevés chaque année sur l'encours. En 2024, ils s'établissaient en moyenne à 0,88 % par an sur les supports en unités de compte, tous contrats confondus [4].

Les frais des supports eux-mêmes, c'est-à-dire les frais internes des fonds dans lesquels votre argent est investi, s'y ajoutent. En 2024, leurs coûts récurrents moyens atteignaient 1,62 % par an, avec 1,85 % pour les fonds actions et 1,22 % pour les fonds obligataires [4].

S'ajoutent, selon les cas, des frais d'arbitrage lorsque vous modifiez votre allocation, et des frais de gestion pilotée ou sous mandat si vous déléguez les décisions d'investissement. La gestion sous mandat facturée coûtait en moyenne 0,36 point de plus par an en 2024 [4].

Mis bout à bout, un contrat classique en unités de compte peut donc supporter, entre frais de contrat et frais de fonds, de l'ordre de 2,5 % de frais annuels, sans compter les droits d'entrée. C'est considérable au regard de la performance : sur les cinq dernières années, les supports en unités de compte ont affiché un rendement annuel moyen, net des frais des fonds, de 4,1 % [4].

Un cas chiffré : l'effet des frais sur vingt ans

Prenons une situation concrète. Les montants sont fictifs et les calculs explicités. L'hypothèse de rendement retenue est un simple support de raisonnement, sans aucune valeur de prévision.

Camille, cadre à Cherbourg-en-Cotentin, place 100 000 euros sur une assurance-vie en unités de compte et n'y touche plus pendant vingt ans. Nous retenons une hypothèse de travail de 5 % de performance brute annuelle, identique dans les deux cas, pour ne comparer que l'effet des frais.

Contrat A, frais élevés. Frais de contrat de 0,88 % et frais de fonds de 1,62 %, soit 2,50 % par an au total [4]. Le rendement net revient à environ 2,50 % par an. Au bout de vingt ans, les 100 000 euros deviennent environ 163 900 euros.

Contrat B, frais réduits. Frais de contrat de 0,50 % et supports à bas coût de 0,30 %, soit 0,80 % par an au total. Le rendement net revient à environ 4,20 % par an. Au bout de vingt ans, les 100 000 euros deviennent environ 227 700 euros.

100 000 € pendant 20 ans, 5 % brut Contrat A (2,50 % de frais) Contrat B (0,80 % de frais)
Rendement net annuel ≈ 2,50 % ≈ 4,20 %
Capital au bout de 20 ans ≈ 163 900 € ≈ 227 700 €
Écart ≈ 63 800 € pour 1,70 point de frais par an

L'écart atteint près de 63 800 euros, pour un même versement et une même performance brute. Ce n'est pas le marché qui fait la différence ici, mais 1,70 point de frais par an, capitalisé sur deux décennies. Cet exemple illustre pourquoi la question des frais n'est pas un détail administratif : elle conditionne une part majeure de votre résultat final. Vous pouvez estimer l'impact des frais sur votre propre situation avec notre simulateur de frais.

Comment savoir ce que vous payez

La réglementation vous donne des points d'appui pour y voir clair, à condition de les utiliser.

Lors du premier contact, votre conseiller doit vous remettre un document d'entrée en relation précisant son statut, son numéro d'immatriculation à l'ORIAS, et s'il fournit un conseil indépendant ou non [3]. Vous pouvez vérifier cette immatriculation vous-même sur le site de l'ORIAS [3].

Avant tout conseil, il doit vous remettre une lettre de mission décrivant la prestation, une information sur les placements envisagés et leurs coûts et frais, ainsi que sa rémunération. Elle est signée en double exemplaire [3].

Enfin, la réglementation issue de la directive européenne sur les marchés d'instruments financiers impose une information sur les coûts et frais, à la fois avant l'investissement (de façon estimative) et chaque année de façon récapitulative, exprimée en euros et en pourcentage [3][5]. Concrètement, vous devez pouvoir obtenir, en une somme lisible, le coût total de ce que vous détenez. Si cette information n'est pas spontanément fournie, demandez-la : c'est votre droit.

L'approche que nous défendons

Chez Octant Patrimoine, nous avons fait le choix de la transparence sur la rémunération, de l'architecture ouverte (nous ne sommes pas captifs d'un seul assureur ou d'une seule gamme de fonds) et d'honoraires clairs, annoncés avant toute mission. L'objectif est simple : que vous sachiez ce que vous payez, à qui, et pourquoi. Le détail de nos modalités figure sur notre page tarifs.

Le bon conseiller n'est pas forcément le moins cher. C'est celui dont le coût est justifié par la valeur apportée, connu à l'avance, et aligné avec vos intérêts. Un conseil bien rémunéré mais transparent vaut mieux qu'un conseil « gratuit » dont le prix se cache dans les frais du produit.

Questions fréquentes

Un premier rendez-vous est-il payant ?

Chez beaucoup de cabinets, le premier rendez-vous de découverte est gratuit et sans engagement : il sert à cerner votre situation et vos objectifs. La facturation, quand elle existe, intervient au moment d'une mission précise (bilan, étude, suivi), décrite dans la lettre de mission signée au préalable [3]. Renseignez-vous sur les modalités dès le premier contact.

Rétrocessions ou honoraires : quel modèle est le plus avantageux ?

Aucun n'est supérieur dans l'absolu. Les honoraires rendent le coût du conseil visible et indépendant du produit vendu. Les rétrocessions n'apparaissent pas sur une facture séparée mais sont intégrées aux frais du placement. L'essentiel est que le mode de rémunération vous soit expliqué clairement et que le conseil serve vos intérêts avant ceux du distributeur [2][3].

Comment vérifier qu'un conseiller est bien habilité ?

Tout conseiller en investissements financiers doit être immatriculé à l'ORIAS et adhérer à une association professionnelle agréée par l'Autorité des marchés financiers. Vous pouvez vérifier gratuitement son immatriculation sur le site de l'ORIAS avant de vous engager [3].

Les frais sont-ils vraiment si importants sur le long terme ?

Oui. Comme le montre notre exemple, 1,70 point de frais par an peut représenter, sur vingt ans et à performance égale, plusieurs dizaines de milliers d'euros d'écart sur un capital de 100 000 euros. Les frais se capitalisent, exactement comme les gains, mais en sens inverse [4].

Peut-on négocier les frais ?

Certains frais sont négociables, à commencer par les droits d'entrée, parfois réductibles voire supprimés. Les frais de gestion du contrat et des fonds sont plus rigides, mais le choix des supports (fonds à bas coût plutôt que fonds chargés) a un effet direct sur la facture totale. Demandez systématiquement le récapitulatif des frais avant de souscrire. Pour cadrer l'ensemble, découvrez notre approche du conseil en gestion de patrimoine à Cherbourg-en-Cotentin.

Information réglementaire

Cet article a une vocation informative et ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé au sens de la réglementation. Les données chiffrées citées sont celles publiées par l'Autorité des marchés financiers (chiffres clés des conseillers en investissements financiers 2024) et France Assureurs (assurance vie en unités de compte 2024), à jour à la date de rédaction (données vérifiées le 3 août 2026) et susceptibles d'évoluer. L'exemple chiffré repose sur une hypothèse de rendement conventionnelle, sans valeur de prévision ni garantie. Octant Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine situé 9 avenue Carnot à Cherbourg-en-Cotentin. Paul Dubourguais exerce en qualité de conseiller en investissements financiers (CIF) et de courtier en assurances, immatriculé à l'ORIAS. Rémunération transparente, architecture ouverte, honoraires annoncés à l'avance et détaillés sur la page tarifs.

Sources

  1. Autorité des marchés financiers, Chiffres clés des conseillers en investissements financiers (CIF), décembre 2025, exercice 2024 (structure des revenus, statuts cumulés, conseil indépendant et non indépendant). amf-france.org
  2. Autorité des marchés financiers, définition du conseil indépendant et non indépendant (rapport Chiffres clés CIF 2024, section 2.2). amf-france.org
  3. Autorité des marchés financiers, guide S'informer sur les conseillers en investissements financiers (CIF), juin 2019 (ORIAS, document d'entrée en relation, lettre de mission, coûts et frais). amf-france.org
  4. France Assureurs, L'assurance vie en unités de compte en 2024, publié le 7 mai 2025 (frais de gestion 0,88 %, coûts des fonds 1,62 %, gestion sous mandat +0,36 point, performance nette +4,1 % par an sur cinq ans). franceassureurs.fr
  5. Information sur les coûts et frais liés (ex ante et ex post, en euros et en pourcentage) issue de la directive européenne MIF 2, applicable aux conseillers en investissements financiers. opadeo.fr

Passez à l'action

Testez votre situation avec notre simulateur

Mettez en pratique les concepts de cet article avec nos outils interactifs.

Accéder au simulateur

Paul Dubourguais

Conseiller en gestion de patrimoine depuis plus de 15 ans. J'aide les familles normandes à reprendre le contrôle de leur patrimoine.

Un terme vous échappe ?

Glossaire

Prêt à passer à l'action ?

Réservez une consultation de 30 minutes avec Paul pour explorer comment ces stratégies s'appliquent à votre situation.

Réserver une consultation gratuite