Octant
Patrimoine
Patrimoine

CGP indépendant ou banque privée : le comparatif honnête

Publié le 7 min de lecturePar Paul Dubourguais

Votre patrimoine a franchi un seuil : cession d'une entreprise, héritage, épargne accumulée. Votre banque vous propose d'accéder à sa banque privée, et vous entendez par ailleurs parler de conseillers en gestion de patrimoine indépendants. Les deux affirment défendre vos intérêts, les deux parlent de « sur-mesure ». Comment trancher ? Ce comparatif s'efforce d'être honnête, y compris sur les limites du modèle des cabinets indépendants, dont Octant Patrimoine fait partie.

Deux organisations pour un même métier

La banque privée est le service qu'une banque réserve à sa clientèle patrimoniale. Un banquier privé dédié coordonne pour vous placements, crédit, fiscalité et transmission, en s'appuyant sur les équipes internes de l'établissement : ingénieurs patrimoniaux, juristes, gérants de portefeuille. C'est une offre intégrée, adossée à un bilan bancaire, qui donne accès à des services spécifiques comme le crédit lombard ou l'assurance-vie luxembourgeoise [3].

Le conseiller en gestion de patrimoine (CGP) exerce en cabinet, le plus souvent sous plusieurs statuts réglementés à la fois : conseiller en investissements financiers (CIF) contrôlé par l'Autorité des marchés financiers, courtier en assurance, parfois intermédiaire en opérations de banque ou titulaire d'une carte immobilière. En 2024, 92 % des CIF étaient aussi intermédiaires en assurance et 62 % intermédiaires en opérations de banque [1]. Le CGP ne détient pas vos avoirs : il les fait héberger chez des assureurs et des banques dépositaires, et son rôle est de concevoir la stratégie puis de sélectionner les enveloppes et les supports.

La profession est encadrée : tout CIF doit être immatriculé au registre unique de l'ORIAS et adhérer à l'une des quatre associations professionnelles agréées par l'AMF, chargées du contrôle de leurs membres [1]. Fin 2024, la France comptait 7 013 CIF, une population en progression de 4,5 % sur un an [1].

L'accès : la première vraie différence

La banque privée sélectionne ses clients. Chaque établissement fixe librement son seuil : les grandes banques de réseau ouvrent en général leurs services de banque privée autour de 150 000 à 200 000 euros d'avoirs financiers confiés, certaines offres d'entrée de gamme démarrant à 50 000 euros, tandis que les maisons spécialisées exigent souvent 500 000 euros à 1 million d'euros [3]. En dessous, vous restez en agence classique.

Le CGP définit lui-même son périmètre. La plupart des cabinets accompagnent des clients dont le patrimoine financier se compte en dizaines de milliers d'euros, pas nécessairement en centaines [3]. C'est un point structurant : un cadre de 40 ans qui construit son patrimoine, un artisan du Cotentin qui prépare sa retraite ou un jeune héritier trouveront un interlocuteur en cabinet bien avant d'intéresser une banque privée.

« Indépendant » : un mot à double sens

C'est ici que le comparatif doit être le plus honnête, car le mot « indépendant » recouvre deux réalités distinctes.

Au sens courant, un CGP « indépendant » est un professionnel qui n'est pas salarié d'une banque : il choisit ses partenaires (assureurs, sociétés de gestion, plateformes) et n'a pas de produits « maison » à écouler. Cette liberté de sélection, dite architecture ouverte, est réelle. Mais elle ne dit rien de sa rémunération.

Au sens de la réglementation européenne MIF 2, le conseil « indépendant » obéit à deux conditions strictes : évaluer un éventail suffisamment large et diversifié d'instruments de différents fournisseurs, et ne conserver aucune rétrocession ni avantage versé par les producteurs de produits. Un conseiller indépendant au sens MIF 2 est rémunéré uniquement par les honoraires que lui règle son client [1].

Or les chiffres de l'AMF sont sans ambiguïté : en 2024, 81 % des CIF exerçaient un conseil non indépendant, 7 % seulement se déclaraient exclusivement indépendants et 12 % combinaient les deux [1]. Chez les CIF spécialisés en gestion de patrimoine, les rétrocessions représentaient encore 88 % des revenus (60 % via les droits d'entrée et de sortie, 28 % via les frais de gestion), contre 12 % d'honoraires [1]. Autrement dit, la majorité des cabinets « indépendants » sont rémunérés, comme les banques, par les produits qu'ils distribuent. Ce n'est pas illégal ni forcément contraire à vos intérêts, mais cela doit vous être dit clairement, et cela justifie de poser la question à tout conseiller que vous rencontrez : « êtes-vous indépendant au sens de MIF 2 ? ». Pour le détail des modèles de rémunération et de leurs effets sur vingt ans, voir notre article Combien coûte un conseiller en gestion de patrimoine ?

La gamme de produits : un écart qui se resserre

L'argument classique contre la banque privée est le produit maison : fonds gérés par la filiale du groupe, contrats de l'assureur du groupe. L'argument reste partiellement fondé, mais il vieillit : la plupart des banques privées proposent désormais une part d'architecture ouverte et vont chercher des fonds externes [3]. Inversement, un cabinet indépendant travaille avec un nombre limité de partenaires : chez les CIF, les dix premiers fournisseurs concentrent près d'un tiers des relations déclarées [1]. L'ouverture se juge donc au cas par cas, sur pièces : demandez la liste des partenaires et la part des produits du groupe (ou du partenaire principal) dans les portefeuilles conseillés.

Là où la banque privée garde un avantage structurel, c'est sur les services adossés à un bilan bancaire : crédit lombard, financements complexes, produits structurés sur mesure [3]. Un cabinet indépendant peut souvent y donner accès via des partenaires, mais il ne les fabrique pas.

Quand chaque solution a du sens

La banque privée est pertinente si votre situation exige des financements structurés, une dimension internationale, ou si vous souhaitez concentrer banque au quotidien, crédit et gestion d'actifs chez un seul acteur disposant d'équipes d'ingénierie patrimoniale intégrées [3].

Le cabinet indépendant a du sens si vous voulez un interlocuteur stable qui ne dépend pas d'une politique commerciale de groupe, une sélection de produits multi-établissements, une rémunération lisible et un accompagnement accessible avant d'avoir atteint le seuil d'une banque privée [3]. À Cherbourg-en-Cotentin comme ailleurs dans la Manche, c'est aussi une question de proximité : un cabinet local connaît le tissu économique du territoire et reçoit à moins d'une heure de route, quand les centres de banque privée sont concentrés dans les métropoles.

Les deux peuvent d'ailleurs coexister : rien n'interdit de conserver une relation de banque privée pour le crédit et de confier la stratégie d'ensemble et son suivi à un conseil indépendant qui n'a rien à vous vendre d'autre que son avis.

Questions fréquentes

À partir de quel patrimoine peut-on entrer en banque privée ?

Chaque banque fixe son seuil librement. Les grandes banques de réseau ouvrent généralement leur banque privée autour de 150 000 à 200 000 euros d'avoirs financiers, certaines offres démarrant à 50 000 euros ; les maisons spécialisées demandent souvent 500 000 euros à 1 million d'euros [3].

Un CGP « indépendant » ne touche-t-il vraiment aucune commission ?

Pas nécessairement. Seul le conseil indépendant au sens de MIF 2 interdit de conserver les rétrocessions : le conseiller est alors payé uniquement par les honoraires de ses clients. En 2024, 7 % des CIF exerçaient exclusivement sous ce régime, et 12 % le combinaient avec du conseil non indépendant [1]. Demandez le statut par écrit : il figure dans le document d'entrée en relation.

Comment vérifier le sérieux d'un conseiller en gestion de patrimoine ?

Vérifiez son immatriculation sur le registre public de l'ORIAS et son adhésion à une association agréée par l'AMF (ANACOFI-CIF, CNCGP, CNCEF ou Compagnie CIF), qui est obligatoire pour exercer le conseil en investissements financiers [1].

Peut-on quitter sa banque privée pour un cabinet indépendant sans tout vendre ?

Souvent, oui, au moins en partie. L'assurance-vie ne se transfère pas d'un assureur à l'autre sans perte d'antériorité fiscale (le transfert vers un autre contrat du même assureur peut, lui, la préserver depuis la loi Pacte), mais les titres d'un compte-titres peuvent être transférés et une nouvelle stratégie peut se construire progressivement, sans liquidation brutale. Un audit préalable permet d'identifier ce qui mérite d'être conservé. C'est le sens de notre approche et de notre métier de conseil en gestion de patrimoine à Cherbourg-en-Cotentin.

Information réglementaire

Cet article a une vocation informative et ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé au sens de la réglementation. Les données citées proviennent de l'Autorité des marchés financiers (chiffres clés des conseillers en investissements financiers, exercice 2024) et de sources professionnelles mentionnées en fin d'article ; les seuils et tarifs de banque privée sont des ordres de grandeur constatés par la presse spécialisée, variables selon les établissements. Données vérifiées le 3 août 2026, susceptibles d'évoluer. Octant Patrimoine, cabinet de conseil en gestion de patrimoine recevant au 9 avenue Carnot à Cherbourg-en-Cotentin, immatriculé à l'ORIAS sous le n° 26004544 et membre de la CNCEF. Paul Dubourguais exerce en qualité de conseiller en investissements financiers (CIF) et de courtier en assurances, et fournit son conseil à titre indépendant au sens de MIF 2 : rémunération par honoraires annoncés à l'avance et détaillés sur la page tarifs, architecture ouverte.

Sources

  1. Autorité des marchés financiers, Chiffres clés des conseillers en investissements financiers (CIF), décembre 2025, exercice 2024. amf-france.org
  2. Autorité des marchés financiers, actualité « Conseillers en investissements financiers (CIF) : chiffres clés 2024 », 18 décembre 2025. amf-france.org
  3. Finance Héros, Banque privée : définition, services, tarifs et alternatives, mis à jour le 16 juillet 2026. finance-heros.fr

Paul Dubourguais

Conseiller en gestion de patrimoine à Cherbourg-en-Cotentin, immatriculé à l'ORIAS sous le n° 26004544. Neuf ans en banque privée et en fintech (HSBC, Caisse d'Épargne Île-de-France, WeSave) avant de fonder Octant Patrimoine en 2026. Parcours complet

Un terme vous échappe ?

Glossaire

Prêt à passer à l'action ?

Réservez une consultation de 30 minutes avec Paul pour explorer comment ces stratégies s'appliquent à votre situation.

Réserver une consultation gratuite