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Une partie de carrière à l'étranger : quels droits pour votre retraite ?

Publié le 6 min de lecturePar Paul Dubourguais

Si vous avez travaillé quelques années hors de France, vous ne perdez en principe pas ces droits dans l'Union européenne ou dans un pays lié à la France par une convention, mais ils ne sont pas calculés par la France. Chaque pays verse en principe sa propre pension. Trois ans avant le départ, l'enjeu est d'identifier les règles applicables à chaque pays, de réunir les preuves de vos périodes et d'anticiper l'impôt sur ces pensions.

Union européenne, Espace économique européen et Suisse

Le règlement européen de coordination des régimes de sécurité sociale s'applique aux pays de l'Union, de l'Espace économique européen et à la Suisse. Chaque pays où vous avez cotisé au moins un an vous verse une pension, à l'âge et aux conditions de sa propre loi. [1]

Pour vérifier si vous avez droit à une pension et à quel taux, chaque pays tient compte des périodes accomplies dans les autres pays : c'est la totalisation. Il calcule ensuite deux montants, l'un selon sa seule loi nationale, l'autre au prorata de vos périodes chez lui, et vous verse le plus élevé. [1]

Une période inférieure à un an dans un pays ne donne en principe pas de pension dans ce pays, mais les autres pays la prennent en compte dans leur calcul. [2]

Exemple fictif. Un salarié né en 1969 part à 64 ans. Il a validé 140 trimestres en France et 32 trimestres en Allemagne. Son salaire annuel moyen français est de 35 000 €.

Calcul de la pension de base françaiseTauxMontant annuel
Avec totalisation : 172 trimestres atteints, taux plein50 % × 140/17214 244 €
Sans totalisation : 32 trimestres manquants, décote limitée aux 12 trimestres qui le séparent de 67 ans42,5 % × 140/17212 108 €

La totalisation évite ici la décote. L'Allemagne verse en plus sa propre pension pour les huit années accomplies chez elle, à l'âge prévu par la loi allemande : 67 ans pour sa génération, sauf départ anticipé avec abattement.

Le Royaume-Uni après le Brexit

Les droits acquis jusqu'au 31 décembre 2020 sont protégés par l'accord de retrait. Depuis le 1er janvier 2021, l'accord de commerce et de coopération maintient la totalisation des périodes et le versement des pensions à l'étranger. [3]

Les pays liés à la France par une convention

La France a signé des conventions bilatérales avec de nombreux pays, dont les États-Unis, le Canada, le Québec, le Japon ou le Maroc. Leurs règles diffèrent : certaines permettent la totalisation, d'autres prévoient un calcul séparé par chaque pays, d'autres encore retiennent le calcul le plus favorable. [4]

Pour les États-Unis, l'administration américaine ne prend en compte vos trimestres français que si vous avez acquis au moins six crédits de cotisation aux États-Unis. [5] Vérifiez le texte de la convention qui vous concerne auprès du Centre des liaisons européennes et internationales de sécurité sociale.

Les pays sans convention

Les périodes travaillées dans un pays sans convention ne comptent pas pour la France. Deux solutions existent.

L'assurance volontaire vieillesse, auprès de la Caisse des Français de l'étranger, permet de continuer à acquérir des trimestres pendant l'expatriation. Elle n'est pas rétroactive. [6]

Le rachat des périodes à l'étranger permet de régulariser des années de salariat hors de France, si vous avez été affilié au moins cinq ans à l'assurance maladie française et si vous déposez la demande dans les dix ans qui suivent la fin de l'activité à l'étranger. Le rachat améliore votre taux ou votre durée d'assurance, pas votre salaire annuel moyen. Son coût est déductible du revenu imposable. [7]

Trois ans avant : une seule demande dans l'Union européenne

Rassemblez pour chaque pays vos contrats, bulletins de salaire et numéros d'assuré. Vérifiez que vos périodes étrangères figurent, au moins à titre d'information, sur votre relevé Info Retraite.

Au sein de l'Union européenne, une seule demande suffit : elle se dépose dans votre pays de résidence, ou dans le dernier pays où vous avez travaillé si vous n'avez jamais travaillé dans votre pays de résidence. Prévoyez environ six mois, car les âges de départ diffèrent d'un pays à l'autre et chaque caisse instruit son dossier. [1] [2]

En France, l'âge légal va de 62 ans et 9 mois (générations 1963 à mars 1965) à 64 ans (générations 1969 et 1970) pour les retraites prenant effet depuis le 1er septembre 2026. [8]

L'impôt sur une pension étrangère

Vous vivez en France. Une pension étrangère se déclare sur le formulaire 2047, puis sur la déclaration de revenus. La convention fiscale détermine le pays qui impose et la manière d'éviter la double imposition : crédit d'impôt égal à l'impôt français ou exonération en France avec prise en compte pour le taux. [9]

Selon la convention avec les États-Unis, la pension de sécurité sociale américaine n'est imposable qu'aux États-Unis ; en France, elle est prise en compte pour calculer le taux de vos autres revenus. [10] Une pension privée suisse est imposable en France. [11]

Une pension étrangère supporte en principe la CSG et la CRDS si vous êtes domicilié en France et couvert par l'assurance maladie française. [12]

Vous vivez à l'étranger avec une pension française. Elle supporte une retenue à la source. En 2026, son taux est de 0 % jusqu'à 17 275 € par an, 12 % jusqu'à 50 112 € et 20 % au-delà, sous réserve de la convention fiscale. [13]

Questions fréquentes

Mes années de travail en Allemagne comptent-elles pour ma retraite française ?

Elles comptent pour déterminer votre taux en France, grâce à la totalisation. L'Allemagne vous verse en plus sa propre pension pour ces années, à l'âge prévu par sa loi. [1]

Peut-on toucher une pension d'un pays où l'on a travaillé moins d'un an ?

En principe non dans l'Union européenne : le pays concerné ne verse rien, mais les autres pays prennent cette période en compte. [2]

Le Brexit a-t-il fait perdre mes droits à la retraite au Royaume-Uni ?

Non. Les droits sont protégés et l'accord de commerce et de coopération entre l'Union européenne et le Royaume-Uni maintient la totalisation et le versement des pensions. [3]

Comment racheter des années de salariat dans un pays sans convention ?

En demandant un rachat dans les dix ans qui suivent la fin de l'activité à l'étranger, si vous avez été affilié cinq ans à l'assurance maladie française. [7]

Où faire sa demande de retraite après une carrière dans plusieurs pays européens ?

Dans votre pays de résidence, ou dans le dernier pays où vous avez travaillé si vous n'avez jamais travaillé dans votre pays de résidence. [2]

Une pension américaine est-elle imposable en France ?

La pension de sécurité sociale américaine n'est imposable qu'aux États-Unis. La France en tient compte pour fixer le taux d'imposition de vos autres revenus. [10]

Quel impôt sur une retraite française quand on vit à l'étranger ?

Une retenue à la source de 0 %, 12 % ou 20 % selon le montant, sauf disposition contraire de la convention fiscale. [13]

À Cherbourg-en-Cotentin, Octant Patrimoine aide les personnes revenues de l'étranger à reconstituer leurs droits et à anticiper l'impôt sur leurs pensions, dans le cadre d'un bilan patrimonial.

Sources

  1. CLEISS, la retraite dans les règlements européens.
  2. CLEISS, règlement 883/2004, prestations de vieillesse.
  3. CLEISS, questions sur le Brexit.
  4. CLEISS, la retraite dans les conventions bilatérales.
  5. Social Security Administration, accord entre les États-Unis et la France.
  6. Service-public, protection sociale du salarié expatrié.
  7. GIP Union retraite, la retraite des expatriés et BOFiP, déduction des rachats.
  8. Service-public, suspension de la réforme des retraites : qui est concerné ?, 27 février 2026.
  9. Impots.gouv, notice du formulaire 2047.
  10. Impots.gouv, convention fiscale entre la France et les États-Unis, articles 18 et 24.
  11. Impots.gouv, retraites de Suisse.
  12. Impots.gouv, notice 2041 GG sur les prélèvements sociaux.
  13. BOFiP, barème de la retenue à la source sur les pensions des non-résidents.

Information réglementaire

Sources consultées le 14 octobre 2026. Information générale, sans conseil personnalisé ni recommandation d'investissement. Les exemples chiffrés sont des hypothèses pédagogiques.

Paul Dubourguais

Conseiller en gestion de patrimoine à Cherbourg-en-Cotentin, immatriculé à l'ORIAS sous le n° 26004544. Dix ans en banque privée et en fintech (HSBC, Caisse d'Épargne Île-de-France, WeSave) avant de fonder Octant Patrimoine en 2026. Parcours complet

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