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Chirurgien-dentiste ou sage-femme : les trois étages de la retraite CARCDSF

Publié le 7 min de lecturePar Paul Dubourguais

Chirurgiens-dentistes et sages-femmes libéraux cotisent à la même caisse, la CARCDSF, pour trois régimes : la base des professions libérales, une complémentaire et la prestation complémentaire vieillesse des praticiens conventionnés. Les règles de la complémentaire sont communes aux deux professions ; celles de la prestation des conventionnés diffèrent nettement. Trois ans avant le départ, l'âge choisi pèse surtout sur ces deux étages.

La base : âge légal de 62 ans et 9 mois à 64 ans selon la génération

En 2026, la cotisation de base est de 8,73 % des revenus jusqu'à 48 060 €, plus 1,87 % sur l'ensemble du revenu jusqu'à 240 300 €. La cotisation minimale de 573 € valide trois trimestres. [1]

La pension de base suit l'âge légal et la durée d'assurance de votre génération. Pour les retraites prenant effet depuis le 1er septembre 2026, l'âge légal va de 62 ans et 9 mois (générations 1963 à mars 1965) à 64 ans (générations 1969 et 1970), avec 170 à 172 trimestres. Chaque trimestre manquant entraîne une décote de 1,25 %, dans la limite de 20 trimestres ; le taux plein est automatique à 67 ans. [2]

La complémentaire, commune aux deux professions

En 2026, la cotisation comprend un forfait de 3 210,60 €, qui donne 6 points, et une part proportionnelle de 11,35 % des revenus 2025 compris entre 31 239 € et 240 300 €. [1]

Le point de la complémentaire valait 31,50 € de pension annuelle en 2025, dernière valeur publiée par la caisse dans ses documents officiels. [3]

Son taux plein est fixé à 67 ans, et non à l'âge légal. Chaque trimestre de départ avant 67 ans réduit définitivement la pension de 1,25 %. Après 67 ans, chaque trimestre civil cotisé sans liquider ce régime la majore de 1,25 %, dans la limite de 25 trimestres. [2]

Des départs sans minoration existent : dès 62 ans en cas d'inaptitude, à 65 ans pour le parent qui a obtenu un trimestre de majoration pour enfant handicapé, et avec un an d'anticipation par enfant, dans la limite de cinq ans, pour les femmes ayant eu des enfants. [2]

La prestation des conventionnés : très différente selon la profession

Chirurgien-dentisteSage-femme
Cotisation forfaitaire 20264 990,80 €, dont 1 663,60 € à votre charge780 €, dont 260 € à votre charge
Points obtenus par le forfait1018
Part proportionnelle0,725 % des revenus, autant à la charge de l'Assurance maladie, jusqu'à 1,93 point de plusAucune
Valeur du point en 202528,5747 €6,10 €
Taux plein67 ans67 ans, ou plus tôt si la base est liquidée au taux plein grâce à la durée d'assurance

L'Assurance maladie prend en charge les deux tiers du forfait et la moitié de la part proportionnelle. [1] [3] [4]

Exemple fictif, calculé avec les cotisations 2026 et les valeurs de point 2025.

Une année de cotisationCoût pour le praticienPension crééePension pour 100 € cotisés
Forfait de la complémentaire3 210,60 €189 € par an5,90 €
Forfait des conventionnés, chirurgien-dentiste1 663,60 €286 € par an17,20 €
Forfait des conventionnés, sage-femme260 €109,80 € par an42,20 €

La prise en charge de l'Assurance maladie réduit le coût des régimes des conventionnés pour le praticien. La complémentaire, elle, se paie entièrement. Ce n'est pas un rendement : le résultat dépend de la durée de versement de la pension, de ses revalorisations et d'une éventuelle minoration.

Partir avant 67 ans : un coût sur deux étages

Exemple fictif. Un chirurgien-dentiste né en 1964 a réuni 171 trimestres. Il peut partir à 63 ans avec une retraite de base au taux plein. Mais sa complémentaire et sa prestation des conventionnés seront réduites de 20 %, pour 16 trimestres d'avance sur 67 ans. À 65 ans, la réduction tombe à 10 %.

C'est le principal arbitrage de fin de carrière : comparer la pension perdue chaque année avec les revenus d'activité des années supplémentaires.

Sages-femmes : les carrières entre hôpital et libéral

Une sage-femme qui a été titulaire de la fonction publique hospitalière perçoit une pension de la CNRACL en plus de ses pensions libérales. Une contractuelle de l'hôpital ou d'une clinique relève du régime général et de l'Ircantec ou de l'Agirc-Arrco. Chaque régime verse sa pension. [5]

La suspension de la réforme s'applique aussi à la CNRACL depuis le 1er septembre 2026. Certaines sages-femmes hospitalières relèvent de la catégorie active, qui permet un départ anticipé après 17 ans de services actifs : vérifiez votre classement auprès de votre ancien employeur. [5]

Trois ans avant : vérifier la protection jusqu'au départ

En cas d'arrêt de travail, la CARCDSF verse des indemnités journalières à partir du 91e jour, pendant trois ans au plus : 113,22 € par jour pour un chirurgien-dentiste et 49,70 € pour une sage-femme en 2026. Elles cessent à la liquidation de la retraite. [6]

Le rachat de trimestres de base est possible jusqu'à 12 trimestres, entre 20 et 67 ans, et son coût est déductible. [7] Le PER individuel déductible du bénéfice non commercial, dans la limite de 88 911 € en 2026, complète ces leviers. [8]

Céder son cabinet

La cession de la patientèle, du matériel et du droit au bail est une plus-value professionnelle. Après au moins cinq ans d'activité, elle peut être exonérée totalement si vos recettes annuelles moyennes ne dépassent pas 90 000 €, partiellement jusqu'à 126 000 €. Elle peut aussi être exonérée d'impôt sur le revenu au titre du départ à la retraite, si vous cessez votre activité et liquidez votre retraite dans les 24 mois avant ou après la cession ; les prélèvements sociaux restent alors dus. [9]

Si vous exercez en société d'exercice libéral à l'impôt sur les sociétés, la cession des titres peut bénéficier de l'abattement de 500 000 € des dirigeants partant à la retraite. Les prélèvements sociaux de 18,6 % restent dus sur la totalité du gain. Notre article sur la cession des titres au départ à la retraite en détaille les conditions.

Exercer après la retraite : les règles changent en 2027

Pour une première retraite prenant effet à partir du 1er janvier 2027, ce qui sera votre cas si vous partez dans trois ans, les règles changent. Avant l'âge légal, en cas de départ anticipé, vos revenus d'activité sont déduits de la pension. Entre l'âge légal et 67 ans, la moitié des revenus au-delà d'un seuil fixé par décret est déduite, et l'activité ne crée plus de droits. À partir de 67 ans, le cumul est intégral et crée de nouveaux droits. [10]

Les retraites prises avant 2027 restent sous l'ancien régime : cumul intégral avec le taux plein et toutes les pensions liquidées, créant de nouveaux droits dans les trois régimes, ou cumul plafonné à 48 060 € de revenus.

Questions fréquentes

À quel âge un chirurgien-dentiste peut-il toucher sa complémentaire CARCDSF sans réduction ?

À 67 ans. Chaque trimestre de départ avant cet âge réduit la pension de 1,25 %. [2]

Combien coûte la prestation complémentaire vieillesse à une sage-femme conventionnée ?

260 € en 2026, sur une cotisation totale de 780 € dont l'Assurance maladie paie les deux tiers, pour 18 points. [1]

Une sage-femme peut-elle partir avant 67 ans sans minoration ?

Oui, avec un an d'anticipation par enfant dans la limite de cinq ans pour la complémentaire, et dès la liquidation de la base au taux plein pour la prestation des conventionnés. [2]

Mes années à l'hôpital comptent-elles pour ma retraite de sage-femme libérale ?

Elles donnent une pension distincte, de la CNRACL ou du régime général selon votre statut. Leurs trimestres comptent pour le taux plein de la base libérale. [5]

Les indemnités journalières de la CARCDSF continuent-elles après la retraite ?

Non. Elles cessent à la liquidation de la retraite. [6]

La vente de mon cabinet dentaire est-elle imposable ?

Après cinq ans d'activité, elle est exonérée totalement si vos recettes moyennes ne dépassent pas 90 000 €, partiellement jusqu'à 126 000 €. Elle peut aussi être exonérée d'impôt sur le revenu au titre du départ à la retraite ; les prélèvements sociaux restent alors dus. [9]

À Cherbourg-en-Cotentin, Octant Patrimoine aide les praticiens de santé à choisir leur âge de départ, étage par étage, et à préparer la cession de leur cabinet, dans le cadre d'un bilan patrimonial.

Sources

  1. CARCDSF, montant des cotisations 2026.
  2. CARCDSF, à quel âge demander ses droits.
  3. CARCDSF, mémento des chirurgiens-dentistes 2025.
  4. CARCDSF, mémento des sages-femmes 2025.
  5. Banque des territoires, conséquences de la suspension de la réforme pour les fonctionnaires.
  6. CARCDSF, indemnités journalières.
  7. CARCDSF, rachats.
  8. BOFiP, épargne retraite des travailleurs non salariés.
  9. BOFiP, BOI-BNC-BASE-30-30-30-30 et seuils de recettes.
  10. CARCDSF, cumul emploi-retraite.

Information réglementaire

Sources consultées le 14 octobre 2026. Information générale, sans conseil personnalisé ni recommandation d'investissement. Les exemples chiffrés sont des hypothèses pédagogiques. Les placements présentent un risque de perte en capital.

Paul Dubourguais

Conseiller en gestion de patrimoine à Cherbourg-en-Cotentin, immatriculé à l'ORIAS sous le n° 26004544. Dix ans en banque privée et en fintech (HSBC, Caisse d'Épargne Île-de-France, WeSave) avant de fonder Octant Patrimoine en 2026. Parcours complet

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