Gérant majoritaire de SARL ou associé unique gérant d'EURL à l'impôt sur les sociétés, vous êtes travailleur indépendant pour la sécurité sociale. Votre retraite de base suit les règles du régime général, votre complémentaire est un régime en points propre aux indépendants. Trois ans avant le départ, trois sujets demandent une vérification : votre statut exact, la part de vos dividendes soumise à cotisations et vos leviers d'épargne retraite.
Ce qui fait de vous un gérant majoritaire
Vous êtes majoritaire si vous détenez plus de 50 % des parts, seul ou avec les autres gérants. On ajoute à vos parts celles de votre conjoint ou partenaire de PACS et de vos enfants mineurs non émancipés. [1]
Le collège de gérance compte aussi. Si plusieurs gérants détiennent ensemble plus de la moitié du capital, chacun d'eux est affilié comme indépendant, y compris un cogérant qui ne détient aucune part. [1]
Exemple fictif. Un gérant né en 1965 détient 30 % des parts, son épouse 30 %. Le couple atteint 60 % : il est gérant majoritaire et relève des indépendants, quel que soit leur régime matrimonial.
Le statut peut changer sans que vous l'ayez cherché : cession de parts, entrée du conjoint au capital, nomination d'un cogérant. Vérifiez-le chaque année, car il détermine votre régime et vos cotisations.
Votre régime : base alignée et complémentaire en points
Depuis 2020, l'Urssaf encaisse vos cotisations et l'Assurance retraite verse vos pensions. [2]
La retraite de base se calcule comme celle d'un salarié : revenu annuel moyen des 25 meilleures années, taux plein de 50 % et durée d'assurance de votre génération. Les années de salariat et d'indépendance sont réunies dans une seule pension. [2]
La retraite complémentaire des indépendants (RCI) fonctionne en points. En 2026, un point s'achète 21,726 € et rapporte 1,347 € de pension par an. [3]
En 2026, le taux de cotisation de la retraite de base est de 17,87 % jusqu'au plafond de la sécurité sociale (48 060 €), puis de 0,72 % au-delà. Celui de la RCI est de 8,10 % jusqu'à 44 286 €, plafond propre à ce régime, puis de 9,10 % jusqu'à 192 240 €. [4]
La part des dividendes qui crée des droits
Vos cotisations portent sur votre rémunération de gérance. Elles portent aussi sur la part de vos dividendes qui dépasse 10 % d'un total formé du capital social, des primes d'émission et du solde moyen de vos comptes courants. Les titres de votre conjoint ou partenaire de PACS et de vos enfants mineurs entrent dans ce calcul. [5]
Cette part est un revenu d'activité : elle supporte les cotisations de retraite et crée donc des droits, dans la limite des plafonds.
Exemple fictif.
| Élément | Montant |
|---|---|
| Capital social | 10 000 € |
| Comptes courants d'associé, solde moyen | 20 000 € |
| Seuil de 10 % | 3 000 € |
| Dividendes distribués | 40 000 € |
| Part soumise aux cotisations sociales | 37 000 € |
Avec un capital faible, presque tous les dividendes sont soumis aux cotisations. L'arbitrage entre rémunération et dividendes est donc plus étroit que pour un président de SAS. Un amendement qui étendait cette règle aux SAS a été rejeté lors du vote de la loi de financement pour 2026. [5]
Validation des trimestres et années faibles
Un trimestre se valide avec 1 803 € de revenu cotisé en 2026. Une année déficitaire ou très faible déclenche une cotisation minimale de retraite de base de 967 €, qui valide 3 trimestres si vous avez été affilié au moins 90 jours dans l'année. Les bénéficiaires du RSA ou de la prime d'activité en sont dispensés, sauf demande contraire. [6]
Les années de faible revenu pèsent peu sur le montant, car seules les 25 meilleures années entrent dans le calcul. Elles comptent en revanche pour la durée d'assurance. À trois ans du départ, repérez sur votre relevé de carrière les années incomplètes, souvent celles de la création de la société.
Votre âge de départ selon votre génération
Pour les retraites prenant effet à partir du 1er septembre 2026 : 62 ans et 9 mois pour les générations 1963, 1964 et 1965 de janvier à mars, avec 170 trimestres ; 63 ans pour avril à décembre 1965, avec 171 trimestres ; puis 63 ans et 3 mois en 1966, 63 ans et 6 mois en 1967, 63 ans et 9 mois en 1968 et 64 ans à partir de 1969, avec 172 trimestres. [7]
Les leviers d'épargne retraite
Le PER individuel en déduction de votre rémunération. En tant que travailleur non salarié, votre plafond de déduction 2026 est égal à 10 % de votre rémunération imposable dans la limite de huit plafonds de la sécurité sociale, plus 15 % de la fraction comprise entre un et huit plafonds. Il est au minimum de 4 806 € et au maximum de 88 911 €. [8]
Exemple fictif. Pour une rémunération imposable de 80 000 €, le plafond est de 8 000 € plus 15 % de 31 940 €, soit 12 791 €.
Les anciens contrats Madelin. Ils ne sont plus commercialisés depuis le 1er octobre 2020. Un transfert vers un PER individuel est possible et ouvre la sortie en capital, que le Madelin ne prévoyait pas en principe. Les frais de transfert sont plafonnés à 5 % si le contrat a moins de dix ans. Comparez les frais et les garanties du contrat existant avant de transférer. [9]
Le rachat de trimestres. Le dispositif du régime général est ouvert aux indépendants : jusqu'à 12 trimestres d'études ou d'années incomplètes. À 60 ans, en 2026, un trimestre coûte de 3 275 € à 6 472 € selon les revenus et l'option. [10] Notre article sur le rachat de trimestres détaille la méthode.
Après la liquidation : rester gérant
Pour liquider votre retraite, vous devez cesser votre activité rémunérée, mandat de gérance compris. Vous pouvez conserver un mandat non rémunéré. Si vous reprenez une rémunération, les règles du cumul s'appliquent. Pour les premières retraites qui prennent effet à partir du 1er janvier 2027, vos revenus d'activité seront déduits de votre pension avant l'âge légal. Entre l'âge légal et 67 ans, la moitié des revenus au-delà d'un seuil fixé par décret sera déduite. À partir de 67 ans, le cumul sera intégral et créera de nouveaux droits. [11]
Les dividendes au-delà du seuil de 10 % restent des revenus d'activité : ils comptent dans ces calculs.
Si vous prévoyez de céder vos parts, la cession de titres d'une société à l'impôt sur les sociétés peut bénéficier, sous conditions, de l'abattement de 500 000 € des dirigeants partant à la retraite. Notre article sur la cession des titres au départ à la retraite détaille ses conditions.
Questions fréquentes
Les parts d'un partenaire de PACS comptent-elles pour savoir si un gérant est majoritaire ?
Oui, pour le régime social, comme celles d'un conjoint marié et des enfants mineurs non émancipés. [1]
Un cogérant sans parts d'une SARL peut-il être affilié comme indépendant ?
Oui, s'il appartient à un collège de gérance qui détient plus de la moitié du capital. [1]
Les dividendes soumis à cotisations donnent-ils des droits à la retraite ?
Oui. La part qui dépasse le seuil de 10 % est traitée comme un revenu d'activité et supporte les cotisations de retraite. [5]
Combien de trimestres valide la cotisation minimale d'un gérant majoritaire ?
Trois trimestres par an en 2026, pour une cotisation minimale de retraite de base de 967 €. [6]
Quel est le plafond PER d'un gérant majoritaire en 2026 ?
Le plafond spécifique des travailleurs non salariés va de 4 806 € à 88 911 € selon la rémunération imposable. [8]
Faut-il transférer son contrat Madelin vers un PER ?
Le transfert ouvre la sortie en capital. Il se décide après comparaison des frais, des garanties et d'éventuelles tables de rente avantageuses du contrat existant. [9]
Peut-on rester gérant de sa SARL en étant à la retraite ?
Oui, avec un mandat non rémunéré à la liquidation. Une rémunération reprise ensuite suit les règles du cumul emploi-retraite. [11]
À Cherbourg-en-Cotentin, Octant Patrimoine examine la structure de rémunération, le plafond PER et le calendrier de départ des dirigeants dans le cadre d'un bilan patrimonial, en lien avec leur expert-comptable.
Sources
- Assemblée nationale, réponse ministérielle du 11 décembre 2018 sur le caractère majoritaire de la gérance.
- Assurance retraite, retraite des travailleurs indépendants.
- Assurance retraite, circulaire Cnav 2025-31, valeurs du RCI 2026.
- Assurance retraite, circulaire Cnav 2025-14 sur la réforme de l'assiette ; barème 2026 recoupé avec Lefebvre Dalloz ; tranches de la RCI : entreprendre service-public, retraite des travailleurs indépendants.
- Impots.gouv, notice de la déclaration 2042 de 2026, § 6.4 ; Assemblée nationale, amendement n° 213 au PLFSS 2026.
- Assurance retraite, circulaire Cnav 2025-33.
- Service-public, suspension de la réforme des retraites : qui est concerné ?, 27 février 2026.
- BOFiP, épargne retraite des travailleurs non salariés, formule de l'article 154 bis du CGI appliquée au plafond 2026.
- Service-public, PER individuel et transfert des contrats.
- Assurance retraite, circulaire Cnav 2026-04 et rachat de trimestres.
- Service-public, cumul emploi-retraite à partir de 2027.
Information réglementaire
Sources consultées le 14 octobre 2026. Information générale, sans conseil personnalisé ni recommandation d'investissement. Les exemples chiffrés sont des hypothèses pédagogiques. Les placements présentent un risque de perte en capital.