Président de SAS ou de SASU rémunéré, vous êtes assimilé salarié : vous relevez du régime général et de l'Agirc-Arrco, comme les salariés. La différence tient à ce que vous décidez vous-même de votre rémunération. Trois ans avant le départ, l'arbitrage entre salaire et dividendes devient la principale variable de votre retraite.
Le statut d'assimilé salarié, sans assurance chômage
Votre rémunération de mandat supporte les mêmes cotisations de retraite qu'un salaire : base, complémentaire Agirc-Arrco, sans assurance chômage. En cas de révocation ou de cessation de fonctions, vous ne percevez pas d'allocations de France Travail au titre du mandat. Une assurance perte d'emploi des dirigeants, souscrite à titre privé, peut couvrir ce risque. [1]
Un mandat non rémunéré ne vous affilie à aucun régime. Une année sans rémunération ne valide donc aucun trimestre et n'apporte aucun point. [1]
Les dividendes ne créent aucun droit à la retraite
Les dividendes versés par une SAS ne supportent pas de cotisations sociales. Ils sont soumis au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % en 2026, ou au barème après abattement de 40 % sur option. Ils n'ouvrent ni trimestre ni point de retraite. [2]
Se rémunérer principalement en dividendes peut alléger les prélèvements immédiats selon le niveau de bénéfice, après impôt sur les sociétés, mais réduit votre future pension. Le minimum pour valider quatre trimestres en 2026 est une rémunération brute de 7 212 € sur l'année. [3]
Ce que rapportent trois niveaux de rémunération
Exemple indicatif, calculé avec les paramètres 2026. Il porte sur les droits créés par une année de rémunération, pas sur le coût des cotisations.
| Rémunération brute annuelle | Trimestres validés | Salaire retenu pour la base | Points Agirc-Arrco | Retraite complémentaire créée par cette année |
|---|---|---|---|---|
| 8 000 € | 4 | 8 000 € | 25 | 35 € par an |
| 30 000 € | 4 | 30 000 € | 92 | 133 € par an |
| 60 000 € | 4 | 48 060 € | 248 | 357 € par an |
Calcul : 6,20 % jusqu'au plafond de la sécurité sociale (48 060 €), 17 % au-delà, divisés par la valeur d'achat de 20,1877 €, puis multipliés par la valeur de service de 1,4386 €. [4]
Une rémunération faible valide les trimestres mais crée peu de points. Pour la base, la pension dépend des 25 meilleures années : une année à 8 000 € ne fera probablement pas partie de ce calcul. Elle compte surtout pour la durée d'assurance.
Au-delà du plafond, la rémunération n'améliore plus la retraite de base, mais elle continue de créer des points Agirc-Arrco au taux de la tranche 2.
Votre âge de départ selon votre génération
Pour les retraites prenant effet à partir du 1er septembre 2026, la suspension de la réforme fixe l'âge légal entre 62 ans et 9 mois (générations 1963 à mars 1965) et 64 ans (générations 1969 et 1970). [5]
| Année de naissance | Âge légal | Trimestres |
|---|---|---|
| 1963, 1964, 1965 de janvier à mars | 62 ans et 9 mois | 170 |
| 1965 d'avril à décembre | 63 ans | 171 |
| 1966 | 63 ans et 3 mois | 172 |
| 1967 | 63 ans et 6 mois | 172 |
| 1968 | 63 ans et 9 mois | 172 |
| 1969 et 1970 | 64 ans | 172 |
Trois ans avant : repérez les années faibles
Reprenez votre relevé de carrière année par année. Les années en dividendes seuls, sans rémunération, apparaissent comme des trous. Les années de création de la société, souvent peu rémunérées, aussi.
Si des trimestres manquent, deux solutions existent : augmenter votre rémunération pour valider quatre trimestres par an jusqu'au départ, ou racheter des trimestres. Le rachat est limité à 12 trimestres et coûte, à 60 ans, entre 3 275 € et 6 472 € par trimestre en 2026 selon vos revenus et l'option choisie. [6] Notre article sur le rachat de trimestres explique comment comparer.
Les leviers propres au dirigeant
Rémunérer davantage les dernières années. Une hausse de rémunération améliore votre retraite complémentaire, et votre retraite de base si l'année remplace une année plus faible parmi les 25 meilleures. Mettez ce gain en regard du coût des cotisations et de l'impôt.
Le PER individuel. Vos versements sont déductibles dans la limite de 10 % de vos revenus d'activité de l'année précédente, plafonnée à 37 680 € en 2026. Les plafonds non utilisés des trois années précédentes peuvent s'y ajouter. [7]
Le PER obligatoire d'entreprise. Il doit bénéficier à une catégorie objective de salariés. Selon l'administration, les mandataires sociaux ne peuvent pas constituer à eux seuls une catégorie. Un contrat réservé au seul président expose à une réintégration des cotisations dans l'assiette sociale en cas de contrôle. [8]
La retraite progressive. Elle est ouverte aux mandataires sociaux assimilés salariés depuis 2022, dès 60 ans et avec 150 trimestres. La condition porte sur une baisse de votre rémunération, puisque vous n'avez pas de temps de travail contractuel. [9]
Après la liquidation : conserver son mandat
Pour liquider votre retraite, vous devez cesser votre activité rémunérée, mandat compris, sauf rémunération très faible. Un mandat non rémunéré peut être conservé. [10]
Reprendre une rémunération ensuite relève du cumul emploi-retraite. Pour les premières retraites à compter du 1er janvier 2027, les revenus d'activité sont déduits de la pension avant l'âge légal. De l'âge légal à 67 ans, la moitié des revenus au-delà d'un seuil fixé par décret est déduite. À partir de 67 ans, le cumul est intégral et crée de nouveaux droits. [11]
Si vous prévoyez de céder vos titres, l'ordre entre cession, fin du mandat et liquidation compte aussi pour l'impôt. Notre article sur l'abattement de 500 000 € au départ à la retraite détaille le calendrier.
Questions fréquentes
Un président de SAS né en 1964 peut-il partir à la retraite à 62 ans ?
Non, sauf départ anticipé pour carrière longue, handicap ou incapacité permanente. Son âge légal est de 62 ans et 9 mois. [5]
Une année payée uniquement en dividendes compte-t-elle pour la retraite ?
Non. Sans rémunération soumise à cotisations, l'année ne valide aucun trimestre et ne crée aucun point Agirc-Arrco. [2]
Quelle rémunération minimale faut-il pour valider quatre trimestres en 2026 ?
Une rémunération brute de 7 212 € sur l'année. [3]
Un président de SASU a-t-il droit au chômage ?
Pas au titre de son mandat. Une assurance privée peut l'indemniser en cas de perte de fonctions. [1]
Peut-on mettre en place un PER obligatoire pour le seul président de la SAS ?
C'est risqué. L'administration considère que les mandataires sociaux ne forment pas à eux seuls une catégorie objective. [8]
Un président de SAS peut-il demander une retraite progressive ?
Oui, depuis 2022, à partir de 60 ans et avec 150 trimestres, en réduisant sa rémunération. [9]
Peut-on rester président de sa SAS après avoir liquidé sa retraite ?
Oui. Un mandat non rémunéré est compatible avec la retraite. Une rémunération reprise ensuite suit les règles du cumul emploi-retraite. [10]
Les dividendes d'une SAS sont-ils soumis aux cotisations comme ceux d'un gérant majoritaire de SARL ?
Non. La règle des 10 % qui soumet une partie des dividendes aux cotisations vise le gérant majoritaire de SARL et d'EURL, pas le président de SAS. [2]
À Cherbourg-en-Cotentin, Octant Patrimoine étudie l'équilibre entre rémunération, dividendes et épargne retraite des dirigeants, en lien avec leur expert-comptable, dans le cadre d'un bilan patrimonial.
Sources
- Entreprendre service-public, statut social du dirigeant de SAS.
- Entreprendre service-public, imposition des dividendes.
- Assurance retraite, circulaire Cnav 2025-33, valeurs 2026.
- Agirc-Arrco, chiffres clés et communiqué du 17 octobre 2025.
- Service-public, suspension de la réforme des retraites : qui est concerné ?, 27 février 2026.
- Service-public, rachat de trimestres et circulaire Cnav 2026-04.
- Service-public, PER individuel.
- CMS Francis Lefebvre, prévoyance et mandataires sociaux, source professionnelle sur la doctrine des catégories objectives.
- Assurance retraite, retraite progressive.
- Assurance retraite, circulaire Cnav 2018-22 sur la cessation d'activité.
- Service-public, cumul emploi-retraite à partir de 2027.
Information réglementaire
Sources consultées le 14 octobre 2026. Information générale, sans conseil personnalisé ni recommandation d'investissement. Les exemples chiffrés sont des hypothèses pédagogiques. Les placements présentent un risque de perte en capital.